Ouest France – 6 juillet 2012, la suite.

20 juillet 2012 § Poster un commentaire

Un nouveau retour sur l’université d’été 2012 avec Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste, membre de la Société de Psychanalyse Freudienne où elle anime un séminaire sur les âges de la vie et auteur de plusieurs ouvrages dont La vie à l’épreuve du temps et La Cause des aînés (éd. DDB) :

Jouer, pour lutter contre le poids des ans.

Non, le jeu n’est pas réservé aux enfants. Hier, les ludothécaires réunis en université d’été à Cholet ont partagé leurs expériences et réflexions sur son importance chez les personnes âgées.

Jouer, un trésor pour la vie

Aborder le thème de la vieillesse dans une semaine consacrée au jeu, c’est incongru ? « Au contraire, sauf à céder au climat de racisme anti-âge dans lequel baigne notre société », répond la psychanalyste Catherine Bergeret-Amselek, qui intervenait hier matin à l’université d’été des ludothécaires. La capacité à jouer de l’enfant se transforme en un espace intérieur « pour se réfugier, pour rêver. Et être présent à soi, notamment dans sa relation à l’autre. C’est un trésor pour la vie ».

Fonction sociale et travail de la mémoire

À Cholet, le Trophée bleu rassemble chaque année à la Meilleraie 350 personnes venant des maisons de retraite du Choletais. Objectif : se retrouver, jouer en équipes… et activer ses neurones, par exemple en replaçant les capitales européennes sur une carte. « C’est une bonne illustration de lien social, de dynamique de groupe. Avec en plus la dimension de résurgence émotionnelle : certains peuvent se remémorer l’école. »

Valorisation

« Le jeu permet de libérer la parole, de parler d’un conjoint décédé par exemple », souligne un ludothécaire. Cette zone de confiance qui est créée se traduit aussi physiquement : « Lors d’une partie, j’ai dit à une femme qui ne quittait pas son sac à main que ce serait plus facile de le poser pour jeter les boules. Elle s’est ouverte progressivement », témoigne une autre.

C’est encore cette vieille dame avec d’importantes difficultés de préhension qui manipulait parfaitement les fines graines du jeu africain d’awalé, à la surprise de son ergothérapeute. « Il faut donner envie de jouer et éviter bien sûr de mettre en échec ou d’infantiliser. Entrer dans l’univers de la personne pour adapter la proposition », décrypte Catherine Bergeret-Amselek.

La dimension intergénérationnelle

Dans les maisons de retraite, les enfants sont souvent invités à participer aux temps de jeu. De quoi pallier le vide évoqué par une ludothécaire, qui évoque ces grands-parents qui ne voient plus leurs petits-enfants, et vice-versa. « Cela met d’emblée la personne âgée en responsabilité de les faire jouer, de leur expliquer ce à quoi on jouait avant… Se sentir utile, savoir qu’on transmet quelque chose, qu’on est un éclaireur de vie : n’est-ce pas le sens de la vie ? » interroge Catherine Bergeret-Amselek.

Des jeux adaptés ?

Des jeux surdimensionnés à l’usage des anciens, voire des pièces adaptées inventées par les ludothécaires : l’univers du jeu s’adapte. De quoi créer un marché ? « Je trouve ça très intéressant, assure Catherine Bergeret-Amselek. Le marketing est péjoratif quand il est vénal : quand on est malvoyant et qu’on peut utiliser un téléphone à grosses touches, c’est merveilleux. Il y a là quelque chose à penser, pour tendre vers une société pour tous les âges. »

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